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Coûts et audit

Quelles économies concrètes attendre d'un audit des coûts d'impression ?

Publié le Mis à jour le 7 minutes de lecture

Aucun pourcentage d'économie ne peut être annoncé honnêtement avant d'avoir vu douze mois de factures, parce que l'écart dépend entièrement de l'état de départ. Ce qui se prévoit, en revanche, ce sont les cinq mécanismes par lesquels l'économie apparaît : suppression d'un maillon de sous-traitance, changement de procédé selon la quantité par référence, ajustement du format au nombre de poses sur la feuille de presse, regroupement des commandes et disparition des commandes d'urgence. Trois à cinq supports concentrent presque toujours l'essentiel de l'écart.

L'économie ne se prédit pas en pourcentage, elle se décompose en cinq mécanismes

La question que pose tout acheteur est légitime : combien cet audit va-t-il me faire gagner. La réponse honnête est qu'un chiffre donné avant l'analyse ne mesure rien. Deux entreprises qui dépensent la même somme annuelle en supports imprimés peuvent présenter des écarts sans rapport entre elles : l'une commande dix supports chez un seul imprimeur bien choisi, l'autre commande les mêmes dix supports chez six fournisseurs différents dont trois sous-traitent. La première n'a presque rien à récupérer, la seconde énormément. Le pourcentage n'est pas une propriété de l'audit, c'est une propriété de la situation de départ.

Ce qui est stable, en revanche, c'est la liste des mécanismes. Ils sont au nombre de cinq, ils sont physiques et vérifiables un par un, et ils expliquent la totalité des écarts que nous constatons en consultant les ateliers. Un audit ne fait pas apparaître d'économie par magie ni par pression commerciale sur un fournisseur : il déplace un support vers l'atelier dont le parc machines lui correspond, ou il corrige une caractéristique du support qui coûte cher sans rien apporter. C'est exactement l'objet de l'audit gratuit des coûts d'impression, et le mot audit désigne bien ici le print de production, pas un parc de photocopieurs, distinction détaillée dans notre définition de l'audit des coûts d'impression.

Un portefeuille de PME construit pour l'exemple, et non un client réel

Ce qui suit est un cas d'école. Il ne s'agit pas d'un dossier réel, ni d'un client anonymisé, ni d'un résultat mesuré : c'est un portefeuille plausible, assemblé pour montrer où l'analyse va chercher, poste par poste. Nous ne publions pas de résultats clients, et un exemple chiffré en euros serait ici un argument commercial déguisé en démonstration.

Prenons donc une PME d'une centaine de salariés, deux implantations, un service communication de deux personnes. Son portefeuille imprimé annuel comporte six lignes : un catalogue produits A4 de 64 pages tiré à 3 000 exemplaires, une plaquette commerciale A4 de 8 pages tirée deux fois dans l'année à 2 000 exemplaires, un dépliant trois volets décliné en trois versions commerciales pour un total de 5 000 exemplaires, la papeterie courante (cartes de visite de quarante collaborateurs, papier à en-tête, chemises à rabats), les supports de quatre salons annuels commandés par le service commercial, et deux réimpressions d'urgence non prévues. Le tout est réparti entre quatre fournisseurs, dont une agence qui refacture la fabrication du catalogue.

Ce portefeuille n'a rien d'exceptionnel, et c'est le but : il contient les six configurations qui produisent des écarts. La reconstitution de ce type de tableau est décrite dans notre méthode pour auditer son budget print annuel.

Parution magazine, plaquette et dépliant présentés côte à côte

Poste par poste, d'où viendrait l'économie et par quel mécanisme

Voici, ligne par ligne, ce que l'analyse chercherait sur ce portefeuille, le mécanisme physique qui produirait l'écart, et la condition sans laquelle cet écart n'existe pas. Les effets sont exprimés en ordres de grandeur relatifs, jamais en euros et jamais en pourcentage : un pourcentage n'aurait de sens que rapporté à un prix de départ que nous n'avons pas.

Mécanismes d'économie appliqués à un portefeuille de PME construit pour l'exemple. Ce ne sont pas des résultats mesurés chez un client : ce sont des ordres de grandeur de métier, issus de la structure de coût des ateliers, à recalculer sur vos propres volumes.
Poste du portefeuille Mécanisme de l'économie Effet en ordre de grandeur Condition pour l'obtenir
Catalogue A4 64 pages, 3 000 exemplaires Suppression du maillon de refacturation par l'agence et passage chez un atelier dont le format de presse permet d'imposer davantage de pages par feuille Le plus fort du portefeuille : c'est la ligne la plus lourde et celle où l'imposition joue le plus, la pagination répartissant le calage sur beaucoup de papier Que l'agence accepte de déléguer la fabrication et que le fichier soit fourni en PDF/X-4 exploitable
Plaquette A4 8 pages, deux tirages de 2 000 Regroupement des deux tirages en une seule commande : le calage se paie une fois par référence et par face au lieu de deux Fort sur cette ligne, l'économie étant à peu près égale au calage évité Que le contenu soit stable sur douze mois, et que le stockage des exemplaires en attente ne mange pas le gain
Dépliant trois volets, trois versions, 5 000 au total Choix du procédé sur la quantité par référence identique, environ 1 700 exemplaires par version, et non sur le total commandé Modéré, et parfois nul : selon le cas, la bonne réponse est de rester en numérique Que les trois versions soient réellement distinctes ; si elles ne diffèrent que par un bloc adresse, la fusion en une seule version change tout
Papeterie courante, quarante collaborateurs Regroupement de tous les éléments sur un même papier et une même commande annuelle, au lieu de commandes au fil de l'eau Modéré en valeur, important en temps de gestion Accepter un papier unique pour l'ensemble de la papeterie et anticiper les arrivées de collaborateurs
Supports de quatre salons Sortie de ces supports du forfait salon et consultation séparée : le grand format et le print de production ne relèvent pas des mêmes ateliers Variable selon l'organisateur, parfois le poste le plus dispersé du portefeuille Que le service commercial accepte de commander en amont plutôt que dans le package du salon
Deux réimpressions d'urgence Anticipation du calendrier : une commande en délai normal permet de consulter et de choisir l'atelier adapté au lieu de l'atelier disponible Direct et immédiat, sans négocier aucun prix ni changer de fournisseur Trois semaines d'anticipation, et un calendrier de commandes tenu par une seule personne
Format du dépliant, hors norme de deux centimètres Retour au format normalisé le plus proche, qui fait gagner une pose sur la feuille de presse Mécanique et calculable : une pose gagnée sur huit réduit d'un huitième la consommation de papier et de passages machine Que le format ne soit pas contraint par une charte, un présentoir ou une enveloppe existante

Lisez ce tableau comme une grille de lecture, pas comme un résultat. La colonne qui compte vraiment est la dernière : sans la condition, le mécanisme ne produit rien. Un audit qui annonce le gain sans annoncer la condition promet une économie que vous ne toucherez jamais.

Votre portefeuille ressemble sans doute à celui-ci, avec vos propres lignes. L'audit gratuit des coûts d'impression applique cette grille à vos douze derniers mois et chiffre chaque ligne sur vos volumes réels, dans un rapport écrit sous dix à quinze jours ouvrés.

Les économies qui ne coûtent rien, et celles qui se paient ailleurs

Toutes les lignes du tableau ne se valent pas, et les additionner serait malhonnête. Trois d'entre elles sont gratuites au sens strict : elles ne demandent aucune concession sur le support livré. Changer d'atelier pour un atelier mieux équipé, supprimer un maillon de refacturation et anticiper une commande ne modifient ni le papier, ni le format, ni la qualité perçue. Ce sont les premières à activer, et ce sont celles qu'un audit doit chiffrer en priorité.

Les autres ont une contrepartie qu'il faut nommer. Regrouper deux tirages en un seul immobilise de la trésorerie et occupe de la surface de stockage, et rend le support inutilisable si le contenu change en cours d'année : le gain de calage peut être entièrement annulé par un pilon. Ramener un format hors norme au format normalisé le plus proche modifie un objet que le marketing a choisi. Passer une papeterie sur un papier unique fait perdre une distinction entre supports. Aucune de ces contreparties n'est rédhibitoire, mais chacune est une décision, pas un réglage technique. Le détail de ces arbitrages figure dans notre article sur la réduction du coût des supports imprimés.

Une dernière catégorie mérite d'être écartée d'emblée : les économies obtenues en baissant la qualité sans le dire. Descendre un grammage sous le seuil qui tient, supprimer un rainage avant pliage au-delà de 170 g/m², renoncer à une épreuve contractuelle sur un support de marque. Le devis baisse, le coût réel monte à la première réimpression. Ce ne sont pas des économies, ce sont des reports.

Les cas où l'audit ne trouve presque rien, et pourquoi c'est une bonne nouvelle

Cela arrive, et cela n'a rien d'un échec. Quatre situations produisent un rapport à faible écart.

  • Le portefeuille est déjà concentré. Un seul fournisseur, choisi il y a des années pour de bonnes raisons, qui produit lui-même l'essentiel des supports sur un parc adapté. Il n'y a ni maillon à supprimer ni dispersion à corriger.
  • Les supports sont peu nombreux et normalisés. Trois supports en formats de la série A, en quadrichromie, sur un papier courant que l'atelier a en stock : il reste très peu de matière technique à optimiser.
  • Les quantités sont franchement d'un côté du seuil. Sous 300 exemplaires ou au-delà de 10 000, le procédé ne fait plus débat et l'arbitrage n'apporte rien.
  • L'organisation est déjà tenue. Un calendrier annuel, une personne responsable des commandes, aucune urgence sur douze mois. Le poste le plus facile à corriger est déjà corrigé.

Dans ces quatre cas, le rapport a quand même produit quelque chose, et ce quelque chose vaut souvent plus que l'écart qu'il n'a pas trouvé : la preuve écrite que vous payez le bon prix. Une direction financière qui demande pourquoi le poste imprimé coûte cela obtient une réponse documentée, support par support. Un acheteur qui doit justifier de ne pas remettre en concurrence dispose d'un comparatif daté. Et vous savez désormais que la recherche d'économie doit se porter ailleurs, ce qui est une information utile. Un audit dont le seul résultat honnête est de dire qu'il n'y a rien à corriger reste un audit réussi ; c'est aussi le meilleur test de l'indépendance de celui qui le mène.

Comment obtenir l'ordre de grandeur sur vos propres chiffres

Quatre calculs suffisent à savoir si un audit a matière à travailler chez vous. Ils se font sur un tableur, à partir de vos factures, sans consulter personne.

  • La part des trois supports les plus lourds. Classez vos supports par dépense annuelle décroissante. Si les trois premiers dépassent la moitié du budget, l'essentiel de l'écart potentiel est concentré là, et l'analyse est rapide.
  • Le nombre de fournisseurs et de maillons. Comptez les fournisseurs, puis, parmi eux, ceux qui ne possèdent pas de presse. Chaque maillon qui refacture sans produire est une marge empilée, et le secteur y pousse : l'Insee recense environ 16 000 entreprises d'imprimerie en France en 2023, sans aucune grande entreprise, ce qui rend la sous-traitance quasi systématique.
  • La quantité par référence identique. Pour chaque support, divisez la quantité annuelle par le nombre de versions distinctes. C'est ce nombre, et non le total commandé, qui détermine le procédé pertinent.
  • La part des urgences et des réimpressions. Totalisez la dépense passée en délai raccourci ou en second tirage du même support. C'est le seul poste que vous pouvez corriger seul, dès le mois prochain.

Si ces quatre calculs donnent des réponses tranchées et rassurantes, gardez votre organisation. Si l'un d'eux vous surprend, c'est là que se trouve votre écart, et c'est par là qu'il faut commencer.

À retenir

Un audit des coûts d'impression ne se promet pas en pourcentage : il se décompose en cinq mécanismes, dont trois seulement sont gratuits au sens strict, la suppression d'un maillon de refacturation, le choix de l'atelier adapté et l'anticipation des commandes. Les autres se paient en trésorerie, en stockage ou en concession sur le support. La règle de décision est simple : regardez d'abord vos trois supports les plus lourds et votre part d'urgences. Et retenez la limite : un portefeuille concentré et normalisé ne dégage presque rien, et c'est un bon résultat.

Appliquer cette grille à vos propres supports

Nous reprenons vos douze derniers mois de commandes, recalculons l'imposition et le procédé support par support et remettons un rapport écrit sous dix à quinze jours ouvrés, après un rendez-vous de cadrage d'une heure. Aucun chiffre du rapport n'est extrapolé : tout est calculé sur les pièces que vous fournissez.

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