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Coûts et audit

Les coûts cachés d'une commande d'impression

Publié le Mis à jour le 6 minutes de lecture

Huit postes alourdissent une facture d'impression sans jamais apparaître dans le prix unitaire du devis : le transport et sa multiplication par point de livraison, la tolérance de quantité, l'épreuve contractuelle, les corrections après bon à tirer, le stockage chez l'imprimeur, la destruction des invendus, le calage refacturé sur un réassort et la chute papier d'un format hors norme. Tout ce qui s'écrit en français sur les coûts cachés d'impression parle de photocopieurs et de cartouches : il est question ici de print de production, catalogues, plaquettes et papeterie d'entreprise.

Huit postes n'apparaissent pas dans le prix unitaire du devis

Tapez coûts cachés impression dans un moteur : vous obtenez des pages sur les parcs d'imprimantes de bureau, le coût à la page et les contrats de maintenance. C'est un autre métier. Une entreprise qui fait fabriquer un catalogue, une plaquette ou une papeterie complète a exactement le même problème, mais aucun de ces postes ne correspond au sien. Voici la transposition au print de production, poste par poste.

Un point de vocabulaire d'abord. Aucun de ces coûts n'est réellement caché au sens de dissimulé : ils figurent tous quelque part, dans les conditions générales de vente de l'imprimeur, dans une ligne annexe du devis ou dans une mention de tolérance en bas de page. Ils sont cachés au sens où ils n'entrent pas dans le chiffre que vous comparez d'un devis à l'autre, ce qui suffit à rendre la comparaison fausse.

Les huit postes qui échappent au prix unitaire d'un devis d'impression, avec le moment où ils apparaissent et la formulation exacte qui les neutralise. Les mentions de poids sont des ordres de grandeur constatés en consultation, pas des moyennes de marché.
Poste Moment où il apparaît Ce qu'il faut demander avant de signer
Transport et points de livraison À la facturation, parfois sur une facture séparée du transporteur Un prix rendu, adresse par adresse, avec le nombre de points de livraison et le type d'accès
Tolérance de quantité À la réception, en comparant le bon de livraison au bon de commande Le pourcentage de tolérance appliqué et la règle de facturation du surplus ou du manquant
Épreuve contractuelle Avant lancement, dès que vous demandez à voir autre chose qu'un PDF Le prix de l'épreuve, son type, et si une seconde épreuve est incluse
Corrections après bon à tirer Après validation, au moment où vous rappelez pour un détail Le tarif horaire de reprise de fichier et le coût d'un nouveau calage
Stockage chez l'imprimeur Au-delà du délai de garde gratuit, souvent quelques semaines La durée de stockage incluse et le tarif mensuel à la palette au-delà
Destruction des invendus À la fin de vie du support, quand le stock devient obsolète Le coût d'enlèvement et de destruction, et qui le supporte
Calage d'un réassort À la deuxième commande du même support Le prix du réassort à la quantité réelle, chiffré dès la première commande
Chute papier d'un format hors norme Invisible : le poste est fondu dans le prix unitaire Le format de presse utilisé, le nombre de poses obtenu et le prix au format normalisé le plus proche

Chacun de ces postes fait l'objet d'une section ci-dessous, avec sa cause et sa correction. Aucun ne se règle après coup : tous se règlent au moment de la consultation, en une phrase ajoutée au cahier des charges. C'est aussi ce que reprend l'audit gratuit des coûts d'impression, poste par poste, sur douze mois de commandes.

Piles de feuilles imprimées entreposées avant expédition

Erreur 1 : croire que le prix du devis est un prix rendu

La cause est simple : sur la plupart des devis, le transport n'est pas dans le prix unitaire. Il apparaît en bas, en forfait, parfois sur une facture distincte émise par le transporteur. Et surtout, il se multiplie par point de livraison. Livrer 6 000 dépliants sur une adresse et les livrer par 500 sur douze agences ne sont pas la même prestation : ce sont douze expéditions, douze bordereaux et douze rendez-vous de livraison.

S'ajoutent des conditions d'accès qui changent le tarif sans que personne ne les ait annoncées : livraison en centre-ville, absence de quai, obligation de hayon, prise de rendez-vous, étage sans monte-charge. Un support lourd, un catalogue en fort grammage par exemple, coûte davantage à expédier qu'à imprimer sur les petites quantités.

La correction tient en une ligne du cahier des charges : demandez un prix rendu, adresse par adresse, en donnant la liste complète des points de livraison, les quantités par point et les contraintes d'accès. Puis comparez les devis sur le total rendu, jamais sur le prix unitaire de fabrication.

Erreur 2 : commander une quantité et en payer une autre

La tolérance de quantité est la notion la plus invisible du secteur, et la seule que le client découvre systématiquement à la réception. Le principe est industriel : sur un tirage offset, la quantité conforme obtenue en fin de chaîne n'est jamais exactement celle demandée, parce que les feuilles de passe du calage et les réglages de façonnage consomment du papier. Les conditions générales de vente prévoient donc une tolérance, en plus et en moins, exprimée en pourcentage de la quantité commandée.

Deux conséquences, symétriques et également désagréables. Vous pouvez recevoir moins d'exemplaires que commandé, et n'avoir aucun recours si l'écart reste dans la tolérance. Vous pouvez aussi en recevoir davantage et les payer, alors que vous n'en aviez pas l'usage. Sur un support à faible durée de vie, ces exemplaires supplémentaires partent au pilon.

La correction : faites écrire le pourcentage de tolérance sur le devis, et faites préciser la règle de facturation du surplus. Si votre besoin est un plancher ferme, une invitation nominative ou un document réglementaire par exemple, écrivez-le noir sur blanc : quantité minimale garantie, surplus non facturé. C'est l'une des dix lignes à normaliser avant de comparer trois devis d'impression.

Erreur 3 : traiter l'épreuve et le bon à tirer comme des formalités

Le PDF de contrôle que vous recevez par mail est gratuit et ne prouve rien sur la couleur. L'épreuve contractuelle, elle, est un tirage calibré destiné à servir de référence en cas de litige : elle se facture, parce qu'elle mobilise une machine et un profil colorimétrique certifié. Sur un support où la couleur de marque est un enjeu, elle est indispensable ; sur un flyer courant, elle ne l'est pas. La regarder comme un supplément abusif est une erreur, ne pas la budgéter en est une autre.

Le bon à tirer coûte encore plus cher quand on le traite trop vite. Une fois le BAT signé, le fichier part en production : plaques gravées, papier engagé, créneau machine réservé. Une correction demandée après cette signature, même minime, ne se règle pas d'un mail. Elle implique une reprise de fichier facturée à l'heure, un nouveau jeu de plaques et un nouveau calage, et elle décale le planning. Un mot mal orthographié dans un numéro de téléphone peut ainsi coûter davantage que la remise obtenue en négociant le papier.

La correction est organisationnelle : faites valider le contenu par toutes les parties prenantes avant l'envoi du fichier, pas au moment du BAT. Le BAT vérifie la fabrication, jamais le texte.

Vous retrouvez trois ou quatre de ces postes sur vos dernières factures et vous ne savez pas ce qu'ils pèsent. L'audit gratuit des coûts d'impression les isole ligne à ligne sur vos douze derniers mois et les rechiffre à cahier des charges identique.

Erreur 4 : laisser le tirage dormir chez l'imprimeur

Beaucoup d'imprimeurs acceptent de garder tout ou partie d'un tirage et de le livrer au fil des besoins. Le service est réel et souvent utile. Il est gratuit pendant un délai de garde, en général de quelques semaines, puis facturé à la palette et au mois. Le coût est modeste pris isolément, il devient significatif sur un support conservé un an, et il est presque toujours oublié dans le calcul du coût unitaire.

Le poste jumeau est la destruction. Un stock d'imprimés obsolètes, changement de tarif, de logo ou d'adresse, ne disparaît pas tout seul : il faut l'enlever, le transporter et le détruire, et cela se facture. C'est le prix réel d'une quantité initiale calibrée pour obtenir un beau prix unitaire plutôt que pour couvrir un besoin réel.

La correction consiste à raisonner en coût par exemplaire réellement utilisé et non par exemplaire imprimé. Sur un support dont le contenu bouge chaque trimestre, imprimer la quantité d'un trimestre coûte souvent moins cher que le tirage annuel, stockage et destruction compris. C'est l'un des leviers détaillés dans notre article sur la réduction du coût des supports imprimés.

Erreur 5 : demander un réassort comme s'il s'agissait d'une relance

Un réassort n'est pas une commande allégée, c'est une commande neuve. En offset, le calage se paie une fois par référence et par face, quel que soit le tirage : gravure des plaques, montage sur presse, mise en couleur, feuilles de passe. Ce coût fixe a été absorbé par votre première commande ; sur un réassort de 500 exemplaires, il est refacturé et se répartit sur vingt fois moins de feuilles. Le prix unitaire du réassort n'a donc aucun rapport avec celui du tirage initial, et la surprise est brutale.

La correction est une question posée au bon moment. Dès la première consultation, demandez le prix du réassort à la quantité que vous réassortirez réellement, et demandez si l'atelier conserve les plaques ou le calage. Vous découvrirez souvent que passer la première commande en une quantité légèrement supérieure coûte moins cher que la refaire six mois plus tard, et parfois l'inverse. Dans les deux cas, vous décidez avec le chiffre sous les yeux.

Erreur 6 : choisir un format qui ne tombe pas sur la feuille de presse

C'est le coût le plus cher et le seul totalement invisible : il n'apparaît sur aucune ligne, il est fondu dans le prix unitaire. Une presse imprime des feuilles de format standard, 52 x 72 cm ou 70 x 100 cm par exemple, et le prix dépend du nombre d'exemplaires que l'on parvient à y placer, le nombre de poses. Un format fini qui tombe juste permet huit poses là où un format élargi de deux centimètres n'en permet plus que six : vous payez le même papier et le même passage machine pour un quart d'exemplaires en moins, et la différence part en chute.

La cause est presque toujours créative et jamais malveillante : un format un peu plus large, un carré, une hauteur inhabituelle choisie pour se distinguer. La correction ne consiste pas à renoncer, mais à chiffrer ce que la distinction coûte. Demandez le nombre de poses obtenu avec votre format et le prix au format normalisé le plus proche. Un format normalisé n'est pas un format banal : c'est un format dont vous connaissez le prix.

Les coûts qui paraissent cachés mais qui sont parfaitement justifiés

Tous les suppléments ne sont pas des anomalies, et chercher à les supprimer coûte plus cher que les payer. Quatre sont légitimes.

  • Le calage. Ce n'est pas un frais administratif, c'est du temps machine et du papier consommés pour obtenir la première feuille conforme. Un atelier qui ne le facture pas l'a intégré ailleurs.
  • L'épreuve contractuelle sur un support à enjeu de couleur. Elle coûte une fraction du tirage et protège la totalité. La supprimer sur un catalogue de marque est une économie de quelques dizaines d'euros contre un risque de réimpression complète.
  • La tolérance de quantité elle-même. Elle traduit une réalité physique de la production en série. Exiger une quantité exacte au sens strict revient à faire produire une marge de sécurité, donc à payer davantage.
  • Le contrôle et le conditionnement. Un tri, un comptage, un filmage par lot ou un conditionnement en boîtes de cent ont un coût réel et vous font gagner du temps à la réception. Ce sont des postes à négocier, pas à supprimer.

Le partage est simple : un poste justifié correspond à un travail réellement effectué et sert à quelque chose, un poste à corriger vient d'une information manquante au moment de la consultation. Avant de signer, faites préciser par écrit le prix rendu par point de livraison, le pourcentage de tolérance, le prix de l'épreuve, la durée de stockage incluse et le prix du réassort. Cinq questions, une seule fois, et sept des huit postes disparaissent de la liste des surprises. La reconstitution complète de ces postes sur une année entière est décrite dans notre méthode pour auditer son budget print annuel.

À retenir

Huit postes échappent au prix unitaire d'un devis d'impression, et sept d'entre eux se neutralisent par écrit avant la commande, en cinq questions : prix rendu par point de livraison, pourcentage de tolérance, prix de l'épreuve, durée de stockage incluse, prix du réassort. Le huitième, la chute papier d'un format hors norme, ne se voit sur aucune ligne et se mesure en demandant le nombre de poses. La nuance importe : le calage, l'épreuve et la tolérance sont des coûts justifiés, les supprimer coûte plus cher que les payer.

Savoir ce que ces postes pèsent réellement chez vous

Nous reprenons vos douze derniers mois de factures d'impression, isolons les frais annexes support par support et les rechiffrons à cahier des charges identique. Rapport écrit sous dix à quinze jours ouvrés après un rendez-vous de cadrage d'une heure. Pour une commande en cours, un chiffrage rendu vous parvient sous 24 heures ouvrées.

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