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Acheter et comparer

Comment comparer trois devis d'impression sans se tromper

Publié le Mis à jour le 6 minutes de lecture

Trois devis d'impression ne deviennent comparables qu'une fois ramenés à dix lignes identiques : quantité et tolérance de livraison, format fini et format ouvert, papier avec sa marque et son grammage en g/m², couleurs recto et verso, façonnage détaillé, épreuve, transport et points de livraison, délai et son point de départ, conditions de règlement, validité du prix. Tant qu'une seule de ces lignes diffère, l'écart de prix ne veut rien dire. On normalise d'abord, on compare les totaux ensuite.

Dix lignes doivent être identiques avant de regarder le total

Un devis d'impression, ce que le métier appelle un chiffrage, traduit un cahier des charges en heures de presse, en feuilles de papier et en opérations de façonnage. Deux imprimeurs qui n'ont pas compris la même chose produisent deux prix qui ne mesurent pas la même chose : c'est la première source d'erreur d'achat, avant toute question de compétitivité.

La méthode tient en trois gestes. Vous écrivez d'abord votre cahier des charges une fois, en dix lignes, et vous l'envoyez identique aux trois ateliers. Vous recopiez ensuite chaque devis reçu dans la même grille, ligne à ligne, sans interpréter. Vous faites enfin préciser toute case que vous ne pouvez pas remplir avec ce que le devis dit noir sur blanc. Ce n'est qu'après cette étape que le total devient une information. Si les écarts persistent une fois la grille remplie, ils ont des causes structurelles que nous détaillons dans notre article sur l'écart de prix entre deux devis d'impression, et qui tiennent au parc machines de chaque atelier bien plus qu'à sa marge.

Classeur ouvert avec onglets de couleur servant à comparer plusieurs offres

La grille de comparaison, ligne par ligne

Voici la grille. Recopiez la première colonne dans un tableur, ajoutez trois colonnes Devis A, Devis B et Devis C, et une dernière colonne Comparable oui ou non. La deuxième colonne ci-dessous vous dit ce que le devis doit indiquer pour que la case soit remplissable ; la troisième vous dit ce que coûte l'imprécision quand elle reste en l'état.

Grille de normalisation de trois devis d'impression. Les dix lignes sont à remplir avant tout examen des totaux ; une case impossible à remplir se fait préciser par écrit avant décision.
Ligne à comparer Ce que le devis doit indiquer précisément Ce que l'imprécision coûte
Quantité et tolérance de livraison La quantité commandée, et la tolérance en plus ou en moins que l'imprimeur s'autorise à livrer, exprimée en pourcentage ou en exemplaires Une quantité livrée inférieure à la commande, facturée au réel, sans recours si la tolérance figure aux conditions générales
Format fini et format ouvert Les deux formats en millimètres, le format à plat avant pliage et le format fini après, avec le sens et le nombre de plis Un pli roulé chiffré à la place d'un accordéon, ou un format ouvert non réalisable sur la presse consultée
Papier, marque et grammage La marque commerciale, le grammage exact en g/m², l'aspect couché brillant, couché mat ou offset non couché, et la certification si elle est exigée Un 115 g/m² livré à la place d'un 135 g/m², ou un papier moins opaque à grammage égal, invisible sur le devis
Nombre de couleurs recto et verso La formule couleur face par face, par exemple quadri recto et quadri verso, et le ou les tons directs Pantone comptés séparément Un ton direct de charte remplacé par sa simulation en quadrichromie, écart de couleur constaté à la livraison
Façonnage, opération par opération Chaque opération nommée : rainage, pliage, piqûre à cheval, dos carré collé, pelliculage, vernis, découpe, avec l'outil de découpe s'il existe Un rainage omis avant pliage sur un fort grammage, un outil de découpe facturé en supplément après commande
Épreuve incluse ou non La nature de l'épreuve : simple contrôle numérique, épreuve contractuelle certifiée, ou bon à tirer sur le support réel, et son coût s'il est en option Aucun recours sur la couleur en cas de litige, l'épreuve étant la seule référence contractuelle opposable
Transport et points de livraison Le nombre d'adresses, l'étage et l'accès, le conditionnement en cartons ou en palettes, et le nombre d'exemplaires par carton Un second point de livraison facturé en supplément, ou une palette refusée faute de quai de déchargement
Délai et point de départ Le nombre de jours ouvrés et l'événement qui déclenche le compte à rebours : commande, réception des fichiers ou validation du bon à tirer Un délai identique en apparence mais décalé de plusieurs jours selon son point de départ réel
Conditions de règlement L'acompte demandé, le délai de paiement du solde, et l'éventuelle demande de paiement comptant pour une première commande Une trésorerie immobilisée plusieurs semaines, écart réel non visible dans la comparaison des totaux
Durée de validité du prix La date limite de validité de l'offre, et la mention éventuelle d'une révision liée au cours du papier Un prix revalorisé au moment de la commande, la comparaison ayant porté sur une offre déjà périmée

Vous refaites cette grille à chaque consultation, plusieurs fois par an. L'audit gratuit des coûts d'impression normalise à votre place les devis et les factures de vos douze derniers mois, et vous rend un comparatif support par support.

Les trois lignes qui rendent deux devis incomparables, et qu'il faut faire préciser avant toute décision

Sur les dix lignes de la grille, trois manquent presque systématiquement, et ce sont celles qui pèsent le plus lourd. Tant qu'elles ne sont pas renseignées par écrit, aucune comparaison n'est possible, quel que soit le soin apporté au reste.

  • La tolérance de quantité. Les usages de la profession admettent qu'un tirage soit livré avec un écart en plus ou en moins par rapport à la quantité commandée, la gâche de calage et de réglage étant inévitable. Le pourcentage varie selon le procédé, la pagination et le façonnage, et il figure dans les conditions générales de chaque imprimeur, jamais en première page du devis. Faites-le écrire, et faites préciser si la facturation se fait au réel livré ou à la quantité commandée.
  • Le point de départ du délai. Sept jours ouvrés après commande et sept jours ouvrés après validation du bon à tirer sont deux promesses qui peuvent différer de dix jours calendaires. C'est la ligne qui provoque le plus de litiges sur un support attendu pour une date fixe, salon ou lancement.
  • La nature exacte de l'épreuve. Ce que le client appelle validation recouvre trois objets différents : un PDF de contrôle, une épreuve contractuelle certifiée sur papier étalonné, et un bon à tirer imprimé sur le support réel. Seuls les deux derniers sont opposables. Un devis qui écrit BAT numérique sans autre précision n'engage l'imprimeur sur rien de colorimétrique.

Pourquoi le prix le plus bas au tableau n'est pas toujours le moins cher au final

Une fois la grille remplie, le total le plus bas reste une hypothèse, pas une conclusion. Quatre lignes déplacent le classement après la commande, et elles se chiffrent.

  • La quantité réellement livrée. Si le devis A est 6 pour cent moins cher que le devis B mais livre systématiquement en bas de tolérance, l'écart de prix à l'exemplaire utile s'inverse. Comparez toujours un prix aux mille exemplaires reçus, pas aux mille commandés.
  • Le transport et les points de livraison. Une seconde adresse, un accès sans quai, une livraison à l'étage : ces lignes se facturent après coup et se négocient mal une fois la commande passée.
  • L'absence d'épreuve. Économiser une épreuve contractuelle sur un support de charte est le meilleur moyen de payer un retirage complet. Le coût de l'épreuve est marginal devant celui d'un tirage refusé.
  • Le délai, et donc le risque de réimpression d'urgence. Un support livré après la date utile est perdu en totalité. Une réimpression en urgence est la ligne la plus chère d'un budget d'impression, très au-dessus de l'écart entre deux devis normaux.

Notre repère de travail : un écart inférieur à 10 pour cent entre deux devis normalisés est absorbé par l'une de ces quatre lignes dans la majorité des cas. En dessous de ce seuil, choisissez sur le délai ferme, l'épreuve et la qualité de l'interlocuteur, pas sur le total.

Les cas où cette grille ne sert pas à grand-chose

Elle a une limite, à connaître avant d'y passer une demi-journée. Sur un support simple en petite quantité, carte de visite ou flyer A5 standard sous 1 000 exemplaires en quadrichromie sans finition, les offres du marché sont très proches et très transparentes. Remplir dix lignes pour arbitrer entre 180 et 205 euros n'a aucun rendement : commandez chez l'imprimeur en ligne le mieux noté. Un courtier n'apporte rien de mesurable sur ce type de commande, et nous le disons quand c'est le cas.

La grille ne dit rien non plus du choix du procédé. Si les trois ateliers ont chiffré en numérique un tirage de 3 000 exemplaires, ils sont peut-être tous les trois à côté du sujet : la question n'est plus lequel est le moins cher, mais si le seuil de bascule entre offset et numérique, situé entre 1 000 et 2 000 exemplaires selon les sources techniques allemandes, n'a pas été franchi sans que personne le vérifie. Une grille compare des offres, elle ne corrige pas un cahier des charges mal posé.

Ce qu'il faut écrire dans la commande une fois la décision prise

La grille sert une seconde fois, au moment de commander. Reprenez-la et faites figurer sur le bon de commande, ou dans le courriel de validation, les dix lignes telles que vous les avez retenues.

  1. La quantité, avec la mention ferme ou avec la tolérance acceptée, et la base de facturation retenue.
  2. Le format fini et le format ouvert en millimètres, avec le sens des plis.
  3. La marque et le grammage exact du papier en g/m², et la mention qu'aucune substitution n'est acceptée sans accord écrit.
  4. La formule couleur face par face, tons directs compris et nommés par leur référence.
  5. Le façonnage opération par opération, dans l'ordre de fabrication.
  6. La nature de l'épreuve et le délai que vous vous engagez à tenir pour la valider.
  7. Les adresses de livraison, le conditionnement et le nombre d'exemplaires par carton.
  8. Le délai en jours ouvrés et l'événement qui le déclenche.
  9. Les conditions de règlement retenues.
  10. Le numéro et la date du devis accepté, qui rattache la commande à un prix daté.

Un dernier réflexe : conservez la grille remplie. À la consultation suivante, elle devient votre cahier des charges de départ, et le travail de normalisation passe d'une demi-journée à vingt minutes.

À retenir

Dix lignes, et trois d'entre elles manquent presque toujours : tolérance de quantité, point de départ du délai, nature de l'épreuve. Règle de décision : sous 10 pour cent d'écart entre deux devis normalisés, le total ne départage plus rien, tranchez sur le délai ferme et l'épreuve. La limite de cette grille : elle compare des offres, elle ne corrige pas un cahier des charges inadapté, et elle ne vaut pas la demi-journée qu'elle demande sur une commande courante de moins de mille exemplaires.

Faire normaliser vos devis à votre place

Nous reprenons vos devis et vos factures des douze derniers mois, les ramenons à une grille unique et vous remettons un comparatif écrit support par support sous dix à quinze jours ouvrés. Pour une consultation en cours, nous relisons vos trois devis et vous rendons la grille remplie sous 48 heures ouvrées.

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