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Offset ou numérique : à partir de combien d'exemplaires faut-il basculer

Publié le Mis à jour le 7 minutes de lecture

Sur un document en couleur au format courant, l'offset repasse devant le numérique entre 1 000 et 2 000 exemplaires, ordre de grandeur repris des sources techniques allemandes, le web français restant vague sur ce point. Ce seuil descend vers 500 exemplaires dès que la pagination augmente, parce que les frais fixes de calage se répartissent sur davantage de feuilles. Il remonte au-delà de 3 000 dès que le nombre de versions distinctes augmente, chaque version imposant son propre calage.

Le seuil se situe entre 1 000 et 2 000 exemplaires, et il se déplace à chaque projet

La dizaine de blogs français qui traitent le sujet répètent la même phrase : l'offset devient intéressant sur les gros volumes. Aucun ne dit à partir de quand. Les sources techniques allemandes, elles, situent la bascule autour de 1 000 à 2 000 exemplaires sur un travail en quadrichromie de format courant. C'est l'ordre de grandeur que nous utilisons comme point de départ, et il est utilisable tel quel pour un flyer A5, une affiche A3 ou un dépliant.

Ce chiffre n'est pas une règle, c'est le résultat d'un calcul. Deux courbes de coût se croisent : celle de l'offset part haut et descend vite, celle du numérique part bas et descend à peine. Le point d'intersection dépend de cinq paramètres que vous maîtrisez au moment de rédiger votre cahier des charges, et d'un sixième qui appartient à l'atelier consulté. Un article qui vous donne le chiffre sans les variables vous laisse à mi-chemin : c'est l'inverse que nous faisons ici, en partant de ce que nous constatons en consultant les ateliers de nos supports de communication.

Une précision de vocabulaire avant d'entrer dans le détail. Ce que le client appelle une imprimante professionnelle recouvre en réalité deux familles de machines sans rapport industriel : la presse offset feuille, qui reporte l'encre depuis une plaque métallique, et la presse numérique feuille, toner ou jet d'encre, qui n'utilise aucune plaque. Toute la question du seuil tient dans cette différence.

Feuilles imprimées en couleur défilant en sortie de presse offset

Pourquoi ce seuil existe : le calage se paie une fois, la feuille se paie à chaque exemplaire

L'offset suppose une préparation : gravure des plaques, montage sur la presse, mise en couleur, réglage du repérage, et une quantité de feuilles passées avant d'obtenir la première feuille conforme. Ce travail, le calage, est payé une fois par référence et par face, que vous imprimiez 500 ou 50 000 exemplaires. En face, le coût de la feuille elle-même est très bas, parce que la presse tourne vite et que l'encre coûte peu.

Le numérique inverse exactement ce profil. Il n'y a ni plaque ni calage : le fichier part sur la presse et le premier exemplaire sort presque immédiatement. En revanche, chaque feuille imprimée porte un coût de toner ou d'encre et d'amortissement machine nettement plus élevé, et ce coût ne baisse quasiment pas avec la quantité. C'est pour cette raison qu'un tirage numérique de 5 000 exemplaires coûte à peu près dix fois un tirage de 500, alors qu'en offset le rapport est bien plus faible.

Le tableau ci-dessous résume les six critères sur lesquels se joue réellement l'arbitrage. Il ne comporte volontairement aucun prix : les tarifs dépendent du parc machine de l'atelier consulté, ce qui explique aussi l'écart de prix entre deux devis d'impression sur un même cahier des charges.

Comparaison de l'offset feuille et du numérique feuille sur les six critères qui déterminent le choix. Les mentions de coût sont des ordres de grandeur relatifs, sans valeur tarifaire.
Critère Offset feuille Numérique feuille, toner ou jet d'encre
Coût de calage Élevé et incompressible : jeu de plaques, montage, mise en couleur et feuilles de passe, facturé une fois par référence et par face Nul ou marginal : aucune plaque, aucun réglage de repérage, le premier exemplaire sort en quelques minutes
Coût à l'exemplaire Bas et dégressif : il continue de baisser jusqu'à des tirages très importants Élevé et quasiment stable : la quantité ne fait presque pas baisser le prix unitaire
Qualité obtenue Référence sur les aplats de grande surface, les tons directs Pantone et les dégradés délicats Écart non visible à l'oeil nu sur un document courant en quadrichromie, moins régulier sur les grands aplats
Papiers acceptés Presque tous : couché brillant ou mat, offset non couché, papiers de création texturés, grammages élevés Gamme restreinte, souvent 90 à 350 g/m², certains papiers texturés et recyclés refusés ou à valider par un essai
Délai courant après bon à tirer 5 à 8 jours ouvrés, calage et façonnage compris 24 à 72 heures sur un support simple, sans passage de plaques
Personnalisation Impossible sans repasse : chaque version distincte impose son propre calage Native : nom, adresse, code ou visuel peuvent changer à chaque exemplaire sans surcoût de calage

Les cinq variables qui déplacent le seuil, et dans quel sens

Le seuil de 1 000 à 2 000 exemplaires vaut pour un cas moyen. Voici ce qui le fait bouger, du plus au moins influent.

La pagination fait descendre le seuil

C'est le facteur le plus puissant. Une brochure de 32 pages en A5 s'imprime par cahiers : la même feuille de presse porte plusieurs pages, et le calage se répartit sur un volume de papier bien supérieur à celui d'un flyer. Sur un catalogue de 64 pages, l'offset reprend souvent l'avantage dès 300 à 500 exemplaires. À l'inverse, sur une carte de visite, le seuil monte parce que le calage se répartit sur une surface imprimée minuscule.

Le format qui tombe juste sur la feuille de presse fait descendre le seuil

Un A4 se pose 4 fois sur une feuille 52 x 72 cm et 8 fois sur une feuille 70 x 100 cm. Pour 10 000 plaquettes, cela fait 2 500 feuilles d'un côté et 1 250 de l'autre. Un format fini qui gagne une pose sur la feuille abaisse mécaniquement le seuil de bascule, et un format hors série A qui en perd une le remonte. C'est la raison pour laquelle le seuil n'est pas le même d'un atelier à l'autre.

Le nombre de couleurs fait monter le seuil

Une quadrichromie mobilise quatre groupes d'impression, donc quatre plaques et quatre mises en couleur. Ajoutez un ton direct Pantone pour respecter une charte, ou un vernis d'impression, et vous ajoutez un groupe, une plaque et du temps de calage. Chaque couleur supplémentaire alourdit le coût fixe et repousse le point de croisement vers le haut. En numérique, la quadrichromie est le régime normal et n'ajoute rien.

Le papier peut déplacer le seuil dans les deux sens

Un papier courant que l'atelier a en stock, dans un grammage qu'il achète en volume, tire le coût offset vers le bas. Un papier de création texturé, un grammage élevé ou une teinte spéciale imposent un achat dédié, souvent en rame entière, avec une quantité minimale et un délai d'approvisionnement : le coût fixe augmente et le seuil monte. Ce même papier peut par ailleurs être tout simplement refusé en numérique, auquel cas la question du seuil ne se pose plus.

Le nombre de versions fait monter le seuil, très vite

C'est la variable la plus sous-estimée. Cinq versions d'un même dépliant, une par agence, ce sont cinq calages en offset. Un tirage global de 5 000 exemplaires réparti en cinq versions de 1 000 se comporte donc, du point de vue du coût fixe, comme cinq travaux de 1 000. Le seuil pertinent n'est jamais la quantité totale commandée, c'est la quantité par référence identique.

Vous imprimez plusieurs supports récurrents et vous ne savez pas si le procédé retenu est le bon. L'audit gratuit des coûts d'impression recalcule le seuil de bascule sur vos volumes réels des douze derniers mois, support par support.

Le seuil indicatif, support par support

Voici les ordres de grandeur que nous observons en consultant les ateliers, avec pour chaque support la variable qui déplace le plus son seuil. Ils servent à cadrer une discussion, pas à remplacer un chiffrage.

Seuil indicatif de bascule du numérique vers l'offset par type de support. Ordres de grandeur constatés en consultation, à recalculer projet par projet selon le format de presse de l'atelier retenu.
Support Pagination Seuil indicatif Variable qui le déplace le plus
Carte de visite 1 page recto verso 2 000 à 3 000 exemplaires Le nombre de versions : une carte par salarié reste en numérique quelle que soit la quantité totale
Flyer A5 1 page recto verso 1 000 à 1 500 exemplaires Le nombre de poses sur la feuille de presse de l'atelier consulté
Dépliant 3 volets DL 6 pages, pli roulé ou accordéon 1 000 à 1 500 exemplaires Le pliage : facturé à part, il pèse parfois plus que l'écart de procédé
Plaquette A4 8 pages, piqûre à cheval 800 à 1 200 exemplaires Le grammage de la couverture et sa finition éventuelle
Brochure A5 32 pages, piqûre à cheval 500 à 800 exemplaires La pagination, qui répartit le calage sur beaucoup plus de papier
Catalogue A4 64 pages, dos carré collé 300 à 500 exemplaires La pagination également : au-delà de 64 pages, la question ne se pose presque plus

Les cas où le numérique reste le bon choix même à gros volume

Il existe des situations où passer en offset au-dessus du seuil est une erreur, y compris quand le prix unitaire annoncé est plus bas. Quatre cas reviennent constamment.

  • Les données variables. Cartes nominatives, invitations personnalisées, codes uniques, adresses de mailing : chaque exemplaire diffère. L'offset ne sait pas faire, et une repasse d'adressage annule tout l'avantage de prix.
  • Les versions multiples. Douze déclinaisons régionales d'une même affiche, c'est douze calages. En numérique, c'est douze fichiers envoyés sur la même presse sans frais fixe supplémentaire, même si la quantité cumulée dépasse largement le seuil.
  • Le réassort fréquent. Un support dont le contenu évolue tous les trimestres n'a pas vocation à être tiré à 10 000 exemplaires pour obtenir un prix unitaire flatteur. Le stock obsolète et la surface de stockage coûtent plus que l'écart de procédé, et une réimpression numérique de 400 exemplaires ne repaie aucun calage.
  • Le test avant lancement. Avant d'engager un tirage important, imprimer 300 exemplaires en numérique pour valider le rendu réel, le papier et le message coûte peu et évite de découvrir un défaut sur 10 000 pièces déjà livrées.

Dans ces quatre cas, la bonne question n'est pas le prix à l'exemplaire mais le coût total de possession du support : fabrication, stockage, obsolescence et réimpressions d'urgence comprises. C'est aussi l'un des postes que nous détaillons dans les leviers pour réduire le coût de ses supports imprimés.

Comment trancher en trois questions

Avant d'arbitrer, répondez à ces trois questions dans cet ordre. La première qui donne une réponse tranchée clôt le débat.

  • Chaque exemplaire est-il identique ? Si la réponse est non, c'est du numérique, sans calcul. Si oui, passez à la question suivante.
  • Combien d'exemplaires par référence strictement identique ? Pas la quantité totale du bon de commande : la quantité par version. Comparez ce nombre au seuil de votre support dans le tableau ci-dessus.
  • Le papier et la finition passent-ils en numérique ? Grammage au-delà de 350 g/m², papier texturé, dorure à chaud, vernis sélectif : si l'un de ces éléments est au cahier des charges, faites valider la faisabilité avant de comparer les prix.

Dernier réflexe utile : demandez systématiquement les deux chiffrages, pour la quantité prévue et pour la quantité immédiatement supérieure. C'est ce comparatif qui montre où se trouve réellement votre point de bascule, et il ne coûte rien à demander.

À retenir

Retenez la plage de 1 000 à 2 000 exemplaires pour un document courant, et la règle qui compte : comparez cette plage à la quantité par référence identique, jamais à la quantité totale commandée. Le seuil descend vers 300 à 500 exemplaires sur un catalogue de 64 pages et monte vers 3 000 sur une carte de visite. Sa limite est claire : il ne s'applique pas aux supports personnalisés ni aux supports réimprimés souvent, où le numérique reste préférable à toute quantité.

Faire recalculer le seuil sur vos propres supports

Nous reprenons vos douze derniers mois de commandes, recalculons l'imposition et le procédé de chaque support récurrent, et vous remettons un rapport écrit sous dix à quinze jours ouvrés. Pour un projet unique, un chiffrage dans les deux procédés vous parvient sous 24 heures ouvrées.

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Diferance accompagne les entreprises sur toute leur communication, du logo à l'enseigne, du marquage de véhicule au site internet. Diferance Print en est la branche dédiée à l'impression et au façonnage.

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