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Courtage

Mon imprimeur sous-traite-t-il ma commande ? Comment le vérifier

Publié le Mis à jour le 6 minutes de lecture

Trois questions suffisent : quel format de presse imprimera mes feuilles, à quelle adresse se trouve le site de production, et qui réalise le façonnage. L'Insee recense environ 16 000 entreprises d'imprimerie en France en 2023, 38 000 salariés en équivalent temps plein et aucune grande entreprise : aucun atelier ne possède toutes les machines, la sous-traitance est donc la norme. Le problème n'est pas qu'elle existe, mais qu'elle soit invisible sur le devis et que chaque maillon ajoute sa marge.

Les trois questions qui donnent la réponse en un seul appel

Vous n'avez besoin ni d'un audit ni d'une visite d'usine pour savoir où votre commande sera réellement produite. Trois questions posées au téléphone, dans cet ordre, suffisent presque toujours.

  • Sur quelle presse et sur quel format de feuille ce travail sera-t-il imprimé ? Un atelier qui produit en interne répond en quelques secondes, avec une marque, un format de feuille en centimètres et un nombre de groupes d'impression. Un atelier qui confiera le travail ailleurs répond par une caractéristique du résultat, pas de la machine.
  • À quelle adresse se trouve le site de production ? La question est neutre et parfaitement légitime, ne serait-ce que pour organiser une visite de contrôle en cours de tirage. Une adresse différente du siège social n'est pas suspecte en soi, mais elle doit être nommée.
  • Qui réalise le façonnage ? C'est la question la plus révélatrice, parce que la coupe, le pliage, la piqûre à cheval, le dos carré collé, le marquage à chaud et la découpe à la forme sont rarement réunis sous un même toit.

Une réponse précise aux trois questions signale une production interne, au moins pour l'impression. Une réponse évasive sur la troisième signale un façonnage externalisé, ce qui est banal. Une réponse évasive sur les trois indique que votre interlocuteur revend un travail qu'il ne produit pas, sans le dire. C'est exactement l'écart que nous documentons sur notre réseau d'ateliers, où chaque support est placé chez l'atelier qui possède l'équipement déterminant.

Ligne de brochage reliant des documents dans un atelier de façonnage

Pourquoi la sous-traitance est la règle et non l'exception dans l'imprimerie française

Avant de juger la réponse obtenue, il faut connaître la structure du secteur. L'Insee recense en 2023 environ 16 000 entreprises d'imprimerie en France, 38 000 salariés en équivalent temps plein, et surtout aucune grande entreprise : 76 pour cent des effectifs travaillent dans des PME et des microentreprises. Entre 2015 et 2023, la branche a perdu près de 2 000 entreprises et 23 pour cent de ses emplois, pour un volume produit en baisse d'environ 30 pour cent depuis 2010.

Un tissu aussi fragmenté ne permet pas l'intégration verticale. Une presse offset 70 x 100 cm, une ligne de dos carré collé PUR, une presse à marquer à chaud et une table de découpe représentent quatre investissements sans rapport les uns avec les autres, que très peu de structures peuvent porter simultanément. Chaque atelier se spécialise donc sur une famille de travaux, et fait appel à des confrères pour le reste. C'est une organisation industrielle rationnelle, pas une tromperie.

La difficulté commence lorsque cette organisation devient invisible. Un imprimeur qui sous-traite l'intégralité d'un travail qu'il n'a pas les moyens de produire ajoute sa marge à celle de l'atelier producteur, qui a lui-même parfois confié le façonnage à un troisième. Le prix final cesse alors de dépendre du coût de fabrication pour dépendre du nombre de maillons, ce qui explique une bonne part de l'écart de prix entre deux devis d'impression portant sur le même cahier des charges.

Les signaux qui trahissent une cascade, et ce qu'ils veulent dire

Quand on ne peut pas poser les trois questions, quatre indices observables suffisent à se faire une idée. Aucun n'est une preuve pris isolément : c'est leur accumulation qui compte.

Signaux observables sur une commande d'impression, interprétation possible et question à poser. Les délais cités sont des ordres de grandeur pour un support courant en quantité moyenne.
Signal observé Ce que cela peut vouloir dire Question à poser
Délai annoncé de 12 à 15 jours ouvrés là où 5 à 8 sont courants Deux ou trois transports intermédiaires s'ajoutent entre l'impression, le façonnage et la livraison Combien de transports le dossier suppose-t-il entre le bon à tirer et la livraison ?
Épreuve envoyée en PDF seulement, jamais d'épreuve papier sur le papier définitif L'atelier n'a pas accès à la presse au moment du contrôle, ou le papier n'est pas encore chez lui Puis-je obtenir un bon à tirer papier tiré sur le support de production ?
Adresse d'expédition du colis différente du siège figurant sur la facture Production réalisée sur un autre site, parfois dans une autre région ou un autre pays Le site de production peut-il être nommé sur le bon de commande ?
Bon de livraison portant un nom d'entreprise inconnu ou un simple numéro de lot Le colis part directement du sous-traitant, sans repasser par votre fournisseur Qui est l'entreprise qui figure sur le bon de livraison, et quel est son rôle ?
Interlocuteur qui rappelle systématiquement le lendemain sur les questions techniques Les réponses viennent d'un tiers, pas de l'atelier auquel vous parlez Qui décide des paramètres techniques du dossier, et puis-je lui parler directement ?

Le signal le plus fiable reste l'adresse. Un colis expédié depuis une commune située à 400 kilomètres du siège de votre fournisseur, avec un transporteur régional qui n'est pas celui annoncé, dit tout sans qu'aucune question ait été posée.

Vous soupçonnez que plusieurs de vos supports passent par un circuit plus long que nécessaire. L'audit gratuit des coûts d'impression reconstitue le circuit réel de chaque support à partir de vos factures et de vos bons de livraison des douze derniers mois.

Lire un devis qui masque un façonnage externalisé

Un devis d'impression détaillé montre au moins quatre lignes distinctes : le prépresse, le papier, l'impression et le façonnage. Quand ces postes sont fondus dans un prix unique, ce n'est pas nécessairement une dissimulation, mais cela rend toute comparaison impossible et cela empêche de voir où se situent les marges intermédiaires.

Trois éléments méritent votre attention sur le document lui-même. D'abord une ligne de transport interne, parfois appelée logistique inter-sites ou navette : elle n'existe que si les feuilles voyagent entre deux ateliers. Ensuite un délai de façonnage exprimé séparément du délai d'impression, avec plusieurs jours entre les deux : ce laps de temps est celui d'un transport, pas d'une opération. Enfin la tolérance de quantité, qui est souvent plus large quand plusieurs entreprises interviennent, chacune ayant sa propre gâche de calage.

Demandez systématiquement le devis décomposé poste par poste. Un fournisseur qui produit en interne le fournit sans difficulté, parce que ce détail le sert. Un fournisseur qui revend un travail complet hésite, parce que la décomposition ferait apparaître la marge ajoutée sur des opérations qu'il ne réalise pas. Ce point est développé dans notre article sur la question de savoir si passer par un courtier en impression coûte plus cher.

Quand la sous-traitance est une bonne chose et qu'il ne faut surtout pas s'en inquiéter

Il faut le dire clairement : dans la majorité des cas, la sous-traitance travaille pour vous. Elle devient même souhaitable dans quatre situations précises.

  • Quand elle place une opération chez un atelier mieux équipé. Un marquage à chaud réalisé par un façonnier spécialisé, avec ses matrices et ses presses à platine, sera plus régulier et souvent moins cher qu'un marquage improvisé sur une machine polyvalente.
  • Quand elle absorbe un pic de charge. Un atelier qui confie une partie d'un tirage urgent à un confrère pour tenir votre date de livraison rend service, à condition que la constance colorimétrique soit contrôlée entre les deux lots.
  • Quand elle est annoncée et tracée. Un fournisseur qui vous dit spontanément que la reliure part chez un brocheur nommé, avec deux jours de transport, vous donne exactement l'information dont vous avez besoin pour arbitrer.
  • Quand elle ne coûte rien de plus. Une opération sous-traitée refacturée à son prix, sans marge empilée, ne change pas votre budget. Elle change seulement le nom qui figure sur le bon de livraison.

Autrement dit, la sous-traitance n'est jamais un défaut en elle-même. Le seul cas réellement problématique est celui de la cascade non déclarée : votre fournisseur ne produit rien, il fait produire par un atelier qui fait lui-même façonner ailleurs, et chaque passage de main ajoute une marge, un transport, un délai et un point de rupture supplémentaire en cas de litige. Un courtier assumé fait la même chose qu'un imprimeur qui sous-traite, à deux différences près : il le dit, et il ne s'intercale pas entre deux entreprises qui pourraient traiter directement.

Ce que vous pouvez demander par écrit avant de signer

Ces quatre mentions sont normales dans un contrat de fabrication, aucune n'est agressive, et toutes se négocient au moment du bon de commande plutôt qu'après.

  • Le site de production nommé. Une ligne au bon de commande indiquant la commune où le tirage sera imprimé, et celle où il sera façonné si elle diffère.
  • L'identité des sous-traitants pressentis. Vous n'avez pas à connaître les prix pratiqués entre professionnels, mais vous avez un intérêt légitime à savoir qui manipule vos fichiers et vos feuilles imprimées.
  • L'interlocuteur unique et son engagement de résultat. Peu importe le nombre d'entreprises impliquées, une seule doit répondre du résultat final devant vous, y compris d'un défaut apparu chez un tiers.
  • La tolérance de quantité applicable. Elle figure dans les conditions générales de vente et varie selon le nombre d'opérations sous-traitées. Faites-la préciser en pourcentage avant la commande, pas à la réception du colis.

Un fournisseur sérieux accepte ces quatre points sans discussion, parce qu'ils décrivent simplement ce qu'il fait déjà. Un refus catégorique sur les deux premiers, en revanche, est plus instructif que n'importe quelle plaquette commerciale.

À retenir

Dans un secteur de 16 000 entreprises sans aucune grande entreprise, où 76 pour cent des effectifs travaillent en PME et microentreprises, la sous-traitance n'est ni évitable ni condamnable. La règle de décision tient en une phrase : exigez qu'elle soit déclarée et nommée, pas qu'elle disparaisse. Sa limite est réelle, un fournisseur peut refuser de nommer ses partenaires pour des raisons commerciales légitimes. Ce qui reste alors vérifiable, c'est l'adresse d'expédition, le délai annoncé et la décomposition du devis.

Savoir où sont réellement produits vos supports

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Diferance accompagne les entreprises sur toute leur communication, du logo à l'enseigne, du marquage de véhicule au site internet. Diferance Print en est la branche dédiée à l'impression et au façonnage.

Un même groupe, un même interlocuteur, neuf expertises qui se répondent.