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Fichiers et couleur

Exporter un PDF/X-4 depuis Illustrator, réglage par réglage

Publié le Mis à jour le 7 minutes de lecture

Un PDF/X-4 correct sort d'Illustrator en six réglages : norme PDF/X-4 sélectionnée dans la boîte d'enregistrement en Adobe PDF, images rééchantillonnées à 300 ppp, repères de coupe avec un décalage supérieur au fond perdu, fond perdu du document repris à 3 mm, profil de sortie Fogra39 pour du papier couché en Europe, puis contrôle du PDF obtenu. Les libellés cités sont ceux de la version française du logiciel.

Étape 1 : ouvrir la boîte d'enregistrement en Adobe PDF

Le PDF d'impression s'obtient par un enregistrement, pas par une exportation. Dans le menu Fichier, la commande d'enregistrement sous un autre nom, ou d'enregistrement d'une copie selon la version, propose une liste de formats dans laquelle il faut choisir Adobe PDF. Le menu Exporter existe aussi et propose du PDF, mais il vise l'écran et ne donne pas accès aux réglages de sortie qui nous intéressent ici. Les valeurs de préparation attendues par les ateliers sont rappelées dans nos questions fréquentes sur la préparation des fichiers.

Après avoir nommé le fichier et validé, une seconde boîte s'ouvre : Options Adobe PDF. C'est celle-ci qui compte. À gauche, une liste de catégories : Général, Compression, Repères et fonds perdus, Sortie, Avancé, Protection, Résumé. Les réglages décrits plus bas se répartissent dans quatre d'entre elles, et se conservent en préréglage une fois la configuration faite.

Un point à traiter tout de suite, dans la catégorie Général : décochez Conserver les fonctions d'édition d'Illustrator. Cette case, active par défaut, embarque une copie complète du fichier de travail dans le PDF, ce qui multiplie le poids par deux ou trois sans servir à l'atelier. Elle est incompatible avec les normes PDF/X et se désactive d'elle-même à l'étape suivante.

Contrôle d'une feuille imprimée en atelier avant validation

Étape 2 : choisir la norme PDF/X-4 et comprendre pourquoi elle plutôt qu'une autre

En haut de la boîte de dialogue, deux listes déroulantes se trouvent au-dessus des catégories : Norme et Compatibilité. Dans Norme, choisissez la ligne PDF/X-4. Illustrator bascule alors automatiquement la compatibilité sur Acrobat 7, c'est-à-dire PDF 1.6, la première version du format capable de porter la transparence vivante que cette norme exige. Ne redescendez pas cette valeur à la main : vous perdriez la conformité.

Une norme PDF/X n'est pas un réglage de qualité, c'est un contrat de complétude : polices incorporées, aucun contenu hors des espaces colorimétriques déclarés, profil de sortie présent, ni JavaScript ni contenu multimédia. C'est pour cette raison qu'un atelier demande une norme plutôt qu'un PDF haute qualité : elle se vérifie par machine en quelques secondes.

PDF/X-4 est la référence des flux français et européens parce qu'elle est la seule des normes courantes à accepter la transparence non aplatie et les calques. Elle laisse l'atelier maître de l'aplatissement, au moment où il connaît la trame, le papier et la presse.

Étape 3 : régler la compression des images à 300 ppp

La catégorie Compression gouverne trois familles d'images : couleur, niveaux de gris, et monochromes. Pour les deux premières, le réglage professionnel est un rééchantillonnage bicubique à 300 ppp, déclenché à partir de 450 ppp. Autrement dit, une image plus définie que 450 ppp est ramenée à 300, et une image en dessous est laissée telle quelle, parce que rééchantillonner vers le haut n'invente pas de détail.

Les images au trait, monochromes, se règlent à 1 200 ppp : un trait noir sur blanc à 300 ppp montre des marches d'escalier là où un aplat ne montrerait rien. Pour la compression, une compression sans perte convient si le poids reste raisonnable, sinon une compression JPEG de qualité maximale reste sans conséquence visible sur papier.

Une remarque de vocabulaire : dpi, ppp et ppi désignent ici la même chose, la densité de pixels d'une image à sa taille d'utilisation. À ne pas confondre avec la linéature de trame, exprimée en lignes par pouce, qui est un réglage de la presse et non du fichier.

Étape 4 : activer les repères de coupe et régler le décalage

Direction la catégorie Repères et fonds perdus. Cochez Repères de coupe, qui place un trait à chaque angle du format fini pour indiquer au massicot où couper. Les autres repères proposés, repérage, gammes de couleurs, informations sur la page, ne sont pas nécessaires par défaut : la plupart des ateliers les ajoutent eux-mêmes à l'imposition.

Le champ Décalage, juste en dessous, est celui que presque tout le monde laisse à sa valeur par défaut, et c'est une erreur mécanique. Le décalage détermine la distance entre les repères et le bord du format fini. S'il est inférieur au fond perdu, les traits de coupe se dessinent par-dessus votre image, dans la zone de fond perdu, et l'atelier reçoit un fichier dont les bords sont barrés de traits noirs. Avec un fond perdu de 3 mm, réglez le décalage entre 3,5 et 5 mm.

L'épaisseur du trait se laisse à sa valeur fine par défaut. Si votre fichier contient des traits de coupe dessinés à la main, supprimez-les avant l'export : vous obtiendrez sinon deux jeux de repères décalés.

Étape 5 : reprendre le fond perdu du document

Dans la même catégorie, une case porte la mention Utiliser les paramètres de fond perdu du document. Cochez-la. Elle reprend les 3 mm réglés à la création du document, comme décrit dans préparer un fichier d'impression dans Illustrator, et les écrit réellement dans le PDF.

Si le document n'a pas de fond perdu déclaré, la case n'apporte rien et les quatre champs situés en dessous restent à zéro. Les saisir à la main agrandit la zone déclarée mais ne crée pas de matière : si l'image ne déborde pas dans le document, la réserve sortira blanche. Ce contrôle se fait dans le fichier source, pas ici.

Le résultat attendu est mesurable : le PDF obtenu fait 6 mm de plus que le format fini dans chaque dimension, plus la place des repères. Un PDF dont les dimensions sont exactement celles du format fini n'a pas de fond perdu, quelles que soient les intentions du fichier de départ.

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Étape 6 : vérifier la gestion des couleurs et le profil de sortie

La catégorie Sortie est celle qui distingue un PDF techniquement valide d'un PDF réellement exploitable. Trois réglages y comptent.

La Conversion des couleurs détermine si le PDF convertit les couleurs ou les laisse telles quelles : une conversion vers la destination en conservant les valeurs numériques laisse intacts les objets déjà décrits dans le bon espace et convertit le reste. La Destination désigne le profil du support visé : pour du couché en Europe, celui qui correspond à Fogra39, dont le nom commence par Coated Fogra39 dans la liste. Sur du non couché, le profil change, et l'atelier le fournit.

Le Nom du profil de repérage de sortie, enfin, est ce que la norme PDF/X exige : il inscrit dans le PDF la condition d'impression pour laquelle le fichier a été préparé, et il doit correspondre à la destination choisie juste au-dessus. C'est ce champ que le contrôle automatique de l'atelier lit en premier, et un profil qui annonce du couché quand le tirage part sur bouffant vaut un appel du prépresse.

Les six réglages d'un export PDF/X-4 depuis Illustrator, la catégorie où chacun se trouve dans la boîte Options Adobe PDF, et le défaut de fabrication que chacun évite. Libellés de la version française du logiciel, susceptibles de varier légèrement selon la version.
Réglage Où il se trouve et quelle valeur Ce que cela évite
Norme Liste Norme, en haut de la boîte : PDF/X-4. La compatibilité passe seule à Acrobat 7 Un PDF refusé au contrôle automatique de l'atelier, ou aplati sans votre accord
Fonctions d'édition Catégorie Général : case décochée Un fichier deux à trois fois plus lourd, incompatible avec la norme
Compression Catégorie Compression : bicubique à 300 ppp au-delà de 450 ppp, 1 200 ppp pour les images au trait Des images floues sur le papier, ou un PDF ingérable de plusieurs centaines de Mo
Repères de coupe Catégorie Repères et fonds perdus : case cochée, décalage de 3,5 à 5 mm Un massicot sans indication de coupe, ou des traits imprimés par-dessus l'image
Fond perdu Même catégorie : utilisation des paramètres du document cochée, soit 3 mm Un PDF au format fini strict, sans la réserve préparée dans le document
Profil de sortie Catégorie Sortie : destination CMJN adaptée au support et profil de repérage de sortie identique, Coated Fogra39 sur couché en Europe Une dérive colorimétrique sur toute la quadrichromie, invisible avant le tirage

Ce que PDF/X-4 conserve et que les normes plus anciennes aplatissent

La différence entre les normes PDF/X ne tient pas à la qualité d'image, elle tient au traitement de la transparence et des calques, et c'est un sujet qui a des conséquences visibles.

PDF/X-1a, la plus ancienne des trois normes courantes, repose sur une version du PDF antérieure à la transparence. Toute ombre portée, tout mode de fusion, tout objet en opacité partielle est donc aplati à l'export, le logiciel découpant les zones concernées en une mosaïque d'objets opaques équivalents. Le résultat est correct la plupart du temps, mais l'aplatissement produit parfois des artefacts : un rectangle légèrement plus clair autour d'une ombre portée, une fine ligne blanche entre deux fragments d'un même dégradé. PDF/X-1a impose en outre du CMJN et des tons directs uniquement, et ne conserve pas les calques.

PDF/X-4 s'appuie sur le PDF 1.6 et conserve la transparence vivante ainsi que les calques Acrobat. L'aplatissement se fait chez l'imprimeur, dans son processeur d'image tramée, avec la trame et le papier réels. C'est plus sûr, et c'est aussi ce qui permet à l'atelier de désactiver un calque de vernis ou de découpe pour sortir les séparations d'impression sans le tracé technique.

Reste le cas où votre imprimeur demande explicitement du PDF/X-1a. Cela arrive, et ce n'est pas de l'archaïsme : certains flux de production, notamment en étiquette, en emballage et sur des équipements dont le processeur d'image n'a pas été renouvelé, sont validés pour une chaîne aplatie et n'acceptent rien d'autre. Dans ce cas, envoyez du PDF/X-1a, et faites-le en connaissance de cause : contrôlez l'aperçu de l'aplatissement avant l'export, surveillez les zones de transparence sur le PDF obtenu, et prévoyez que toute correction se fasse dans le fichier Illustrator, jamais dans le PDF, puisque les objets aplatis n'y sont plus manipulables. Ce que dit l'atelier prime toujours sur ce que dit un article : la norme se demande, comme la valeur de fond perdu et le profil, au moment du brief de devis d'impression.

Étape 7 : contrôler le fichier obtenu

Le contrôle porte sur le PDF exporté, jamais sur le document Illustrator resté ouvert à l'écran. Cinq vérifications, dans cet ordre :

  • Les dimensions de la page. Elles doivent dépasser le format fini de 6 mm dans chaque sens, plus l'espace des repères. Un PDF au format fini exact n'a pas de fond perdu.
  • Les repères de coupe. Présents aux quatre angles, à l'extérieur de la zone de fond perdu, pas par-dessus.
  • Les images à 100 pour cent d'affichage. C'est la seule échelle à laquelle un défaut de définition se voit, un affichage réduit lissant tout.
  • La conformité annoncée. Les propriétés du document, dans un lecteur PDF, indiquent la norme et le profil de sortie. S'ils sont absents, la norme n'a pas été appliquée.
  • Le nombre et l'ordre des pages. Un document broché en piqûre à cheval impose un nombre de pages multiple de 4.

Le PDF envoyé doit être celui que vous venez de contrôler, et non une version antérieure restée dans le même dossier : c'est, tous supports confondus, l'erreur d'envoi la plus fréquente.

Un dernier mot sur ce que ce travail vous rapporte concrètement. Un PDF conforme entre en fabrication sans reprise de prépresse et sans aller-retour de bon à tirer, ce qui raccourcit le délai réel de plusieurs jours sur un support courant et supprime les frais de reprise que l'atelier facture ou absorbe au prix de son planning. Un fichier propre coûte moins cher à produire, et il arrive plus tôt.

À retenir

Six réglages : norme PDF/X-4, fonctions d'édition Illustrator décochées, images bicubiques à 300 ppp, repères de coupe avec un décalage de 3,5 à 5 mm, fond perdu du document repris à 3 mm, profil de sortie Fogra39 sur couché en Europe. La règle a une limite : PDF/X-4 conserve la transparence vivante, ce que certains flux en étiquette et en emballage n'acceptent pas. Quand l'atelier demande du PDF/X-1a, c'est sa contrainte machine qui parle, et elle prime.

Faire contrôler un PDF avant de lancer la fabrication

Nous vérifions la norme, le fond perdu, les définitions d'image et le profil de sortie avant transmission à l'atelier. Un chiffrage vous parvient sous 24 heures ouvrées, contrôle du fichier compris.

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