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Combien reste-t-il d'imprimeries en France, et ce que cela change pour un acheteur

Publié le Mis à jour le 6 minutes de lecture

La France comptait environ 16 000 entreprises d'imprimerie en 2023, pour 38 000 salariés en équivalent temps plein et aucune grande entreprise au sens de la statistique publique (Insee, données 2023). Soit 2,4 salariés par entreprise en moyenne, et 76 pour cent des effectifs en PME et microentreprises. Pour un acheteur, cela signifie qu'aucun fournisseur ne peut tout produire, et que la sous-traitance entre ateliers n'est pas une dérive mais la structure même du marché.

Environ 16 000 entreprises, 38 000 salariés, et aucune grande entreprise

Les chiffres viennent de l'Insee, publication Insee Première consacrée aux entreprises de l'imprimerie, données 2023. Ils décrivent un secteur dont la caractéristique la plus frappante n'est pas la taille mais l'absence totale de sommet : la statistique publique ne recense aucune grande entreprise dans l'imprimerie française. Le secteur se répartit entre une poignée d'entreprises de taille intermédiaire, qui emploient environ un quart des salariés, quelques centaines de PME, qui en emploient un peu plus de la moitié, et une masse de microentreprises qui fournit le reste.

Le rapport entre les deux premiers nombres est celui qu'il faut retenir : 38 000 salariés en équivalent temps plein pour environ 16 000 entreprises, soit 2,4 salariés par entreprise en moyenne. L'atelier français type n'est pas une usine, c'est une très petite structure, souvent sans service devis dédié, sans commercial, et dont le dirigeant conduit encore la presse. C'est ce que décrit, vu de l'intérieur, notre réseau d'ateliers en France et en Europe.

Structure du secteur de l'imprimerie en France. Source : Insee, Insee Première consacrée aux entreprises de l'imprimerie, données 2023. La dernière colonne est notre lecture d'acheteur, elle n'engage pas l'Insee.
Indicateur Valeur Année Ce que cela implique pour un acheteur
Entreprises d'imprimerie Environ 16 000 2023 Aucun annuaire exploitable, aucune notoriété fiable : consulter au hasard revient à tirer trois noms dans un tissu de seize mille
Salariés en équivalent temps plein 38 000 2023 2,4 salariés par entreprise en moyenne : votre interlocuteur commercial est souvent le dirigeant, et son temps de devis est une ressource rare
Grandes entreprises du secteur Aucune 2023 Aucun fournisseur national capable de couvrir tous les procédés, donc aucun contrat unique possible sur un portefeuille varié
Effectifs en PME et microentreprises 76 pour cent 2023 L'atelier type est petit et spécialisé : il est excellent sur une famille de travaux et sous-traite le reste
Entreprises perdues Environ 2 000 2015 à 2023 Un fournisseur référencé il y a cinq ans peut avoir disparu, fusionné ou changé de parc machines sans vous prévenir
Emplois perdus 23 pour cent 2015 à 2023 Tension sur les compétences de conduite et de façonnage : les délais s'allongent aux périodes de pointe
Volume produit Baisse d'environ 30 pour cent 2010 à 2023 Surcapacité sur certains créneaux, donc prix négociables, et raréfaction sur d'autres, donc délais tendus
Conducteur réglant une presse offset dans un atelier d'imprimerie

Ce que huit ans ont retiré au secteur

Entre 2015 et 2023, l'imprimerie française a perdu environ 2 000 entreprises et 23 pour cent de ses emplois (Insee, données 2023). Le volume produit, lui, recule d'environ 30 pour cent depuis 2010. Ce sont trois mesures différentes du même mouvement, et elles ne baissent pas au même rythme : le nombre d'entreprises recule moins vite que l'emploi, ce qui signifie que la taille moyenne des survivants a diminué. Le secteur ne s'est pas concentré autour de gros acteurs, il s'est effrité par le bas et par le milieu à la fois.

C'est la différence essentielle avec la plupart des industries en déclin de volume, où la contraction produit trois ou quatre champions nationaux. Ici, huit ans de contraction n'ont pas fait émerger un seul acteur dominant. Un acheteur qui espère trouver le fournisseur de référence du print français cherche quelque chose qui n'existe pas, et cette absence est une donnée publique, pas une opinion.

Un marché sans acteur dominant rend le choix de l'atelier presque impossible

Prenez la position d'une direction marketing de PME qui doit faire produire une plaquette, un jeu de PLV et un catalogue à pagination. Elle dispose de trois informations : des noms trouvés en recherche, des recommandations, et des devis. Aucune de ces trois sources ne dit ce qui décide réellement du prix, c'est-à-dire quelle machine tournera, dans quel format, et avec combien de poses sur la feuille.

Dans un marché de 16 000 entreprises sans grande entreprise ni référence commune, il n'existe ni classement, ni annuaire des parcs machines, ni prix de marché publié. Les écarts de prix constatés entre deux ateliers ne mesurent donc pas leur compétitivité mais l'adéquation entre votre support et leur équipement, ce que détaille notre article sur la vérification du parc machines d'un imprimeur. Consulter trois noms au hasard dans un tissu de seize mille, c'est tirer trois échantillons dans une population dont on ignore la distribution : le résultat est un écart de prix, pas une information.

Ces chiffres décrivent une offre, pas vos dépenses. L'audit gratuit des coûts d'impression fait l'exercice inverse : il reprend vos douze derniers mois de commandes et vérifie, support par support, si le travail est parti chez un atelier réellement équipé pour le produire.

La sous-traitance en cascade est structurelle, pas une pratique douteuse

La conséquence directe de cette structure est mécanique. Avec 2,4 salariés par entreprise en moyenne, presque aucun atelier ne réunit à la fois une presse offset grand format, une presse numérique de production, une ligne de dos carré collé, une dorure à chaud et une découpe à la forme. Chaque atelier possède un morceau de la chaîne et achète le reste à un confrère.

Une commande un peu complexe traverse donc couramment deux ou trois entreprises, et chaque maillon ajoute sa marge. Le problème n'est pas l'existence de cette cascade, qui est la seule façon de produire dans un tissu aussi fragmenté : le problème est qu'elle reste invisible sur le devis, et qu'un acheteur paie parfois trois marges pour un travail qu'un seul atelier aurait pu faire de bout en bout. Les questions qui permettent de le vérifier tiennent en trois lignes, elles sont détaillées dans notre article sur comment savoir si votre imprimeur sous-traite votre commande. C'est aussi la raison d'être d'un métier entier, celui de courtier en impression : connaître qui possède réellement quoi, pour supprimer les maillons qui n'apportent rien.

Ce que ces chiffres ne disent pas, et pourquoi le print n'est pas mort

Une baisse de volume de 30 pour cent se lit facilement comme une fin de partie. C'est une erreur de lecture, pour trois raisons que la même publication de l'Insee permet d'établir.

La baisse est très inégale selon les supports. Elle est massive sur les journaux et périodiques, qui perdent environ la moitié de leur volume depuis 2010. Elle est presque nulle sur le livre, en recul de quelques pour cent seulement sur la même période. Et l'impression fiduciaire, celle des timbres, des titres et des documents d'identité, progresse. Un chiffre global de moins 30 pour cent additionne un effondrement et une croissance : il ne décrit aucun support en particulier, et sûrement pas le vôtre.

Les imprimés publicitaires restent le premier poste du secteur, autour de 45 pour cent de la valeur produite, loin devant le prépresse et la presse. Le support de communication imprimé n'est pas résiduel dans l'activité des ateliers français, il en est le coeur.

Une baisse de volume n'est pas une baisse d'usage. On imprime moins d'exemplaires, mieux ciblés, souvent mieux fabriqués. Ce que mesure l'indice de production, ce sont des tonnes et des passages machine, pas l'efficacité d'un support. Le mouvement réel est une spécialisation : un atelier qui a traversé 2010 à 2023 l'a fait en se concentrant sur la famille de travaux où il est structurellement rentable, et en abandonnant les autres. La bonne nouvelle pour un acheteur est que le bon atelier est devenu très bon. La mauvaise est qu'il est plus difficile à trouver, et qu'un mauvais appariement entre un support et un atelier coûte aujourd'hui beaucoup plus cher qu'il y a quinze ans.

Un dernier signal va dans le même sens : les exportations françaises du secteur ne couvraient plus que la moitié environ des importations en 2023, contre près de sept dixièmes en 2010. Une part croissante de ce qui est imprimé pour le marché français est produite hors de France, souvent sans que l'acheteur final le sache. Ce n'est ni un scandale ni une fatalité, mais c'est une raison de plus de demander où sera produit votre support.

Ce qu'un acheteur fait concrètement de ces chiffres

  • Cessez de chercher le meilleur imprimeur. Il n'existe pas de meilleur imprimeur dans un marché sans acteur dominant. Il existe, pour chaque support, deux ou trois ateliers réellement adaptés.
  • Demandez l'adresse du site de production, pas le siège social. Dans un tissu où chaque atelier achète une partie de la chaîne, c'est la question qui révèle le circuit réel.
  • Revérifiez vos fournisseurs référencés tous les deux ou trois ans. Deux mille entreprises ont disparu en huit ans, et un changement de parc machines ne fait l'objet d'aucune communication.
  • Ne concluez pas d'un prix bas qu'il est suspect. Dans un secteur en surcapacité sur certains créneaux, un créneau machine à remplir produit un prix bas parfaitement tenable.
  • Ne raisonnez pas sur le chiffre global de moins 30 pour cent. Votre support appartient à une famille dont la trajectoire propre peut être stable, voire croissante.

À retenir

Environ 16 000 entreprises, 38 000 salariés en équivalent temps plein, aucune grande entreprise : 2,4 salariés par atelier en moyenne (Insee, données 2023). Règle de décision qui en découle : ne cherchez pas un fournisseur unique, cherchez pour chaque support l'atelier dont l'équipement correspond, et exigez l'adresse du site de production. La limite à ne pas franchir : la baisse de volume de 30 pour cent depuis 2010 ne décrit pas votre support. Elle additionne l'effondrement de la presse quotidienne et la croissance de l'impression fiduciaire.

Savoir si vos supports partent chez le bon atelier

Nous reprenons vos douze derniers mois de commandes imprimées et vérifions, support par support, si le travail est parti chez un atelier réellement équipé ou s'il a traversé deux intermédiaires. Rendu écrit sous dix à quinze jours ouvrés, sans engagement et sans changement de fournisseur imposé.

DIFERANCE

Diferance Print est une filiale de Diferance

Diferance accompagne les entreprises sur toute leur communication, du logo à l'enseigne, du marquage de véhicule au site internet. Diferance Print en est la branche dédiée à l'impression et au façonnage.

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