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Cahier des charges d'impression : les lignes qui font varier le prix

Publié le Mis à jour le 6 minutes de lecture

Sur un cahier des charges d'impression, six lignes sur une quinzaine décident de l'essentiel du prix : la quantité par référence identique, le format fini et le format ouvert, la pagination et la reliure, le papier, le nombre de couleurs par face et le délai. Les autres lignes se négocient à la marge. Une ligne figée par habitude coûte plus cher qu'une négociation sur le total.

Toutes les lignes ne pèsent pas le même prix : trois familles à distinguer

Les modèles de cahier des charges disponibles en ligne viennent presque tous de l'achat public. Ils sont organisés par ordre administratif : objet du marché, description, exigences techniques, exigences environnementales, modalités de livraison, conditions de règlement. Cet ordre est juridiquement correct et économiquement inutile, parce qu'il place sur le même plan une ligne qui pèse le tiers du prix et une ligne qui n'en pèse presque rien.

Vu du chiffrage, les lignes se répartissent en trois familles. Les lignes structurantes commandent le procédé, le nombre de feuilles achetées et le nombre de passages machine : elles décident du prix avant même qu'on parle de remise. Les lignes d'exécution ajoutent des opérations et de la main d'oeuvre : elles se discutent une par une. Les lignes de confort, enfin, encadrent la relation sans peser sur la fabrication.

Rédiger dans cet ordre change le résultat, parce que c'est sur les lignes structurantes que l'imprimeur peut proposer une alternative, et c'est là qu'un acheteur ferme la porte sans le vouloir. Reprendre ce classement sur les supports récurrents est d'ailleurs le premier travail de l'audit des coûts d'impression.

Documents imprimés annotés au stylo sur un bureau, vus de dessus

Le tableau de référence : impact sur le prix, marge de négociation, piège fréquent

Le tableau ci-dessous se reprend tel quel pour rédiger un cahier des charges. Les lignes sont classées par impact décroissant sur le prix, pas par ordre de rédaction. La colonne de marge de négociation indique ce que l'imprimeur peut encore faire bouger une fois la ligne posée : plus elle est faible, plus la rédaction initiale engage.

Les quatorze lignes d'un cahier des charges d'impression, classées par impact décroissant sur le prix. Les niveaux d'impact sont une hiérarchie relative constatée en consultation d'ateliers, sans valeur tarifaire.
Ligne du cahier des charges Impact sur le prix Marge de négociation une fois la ligne posée Piège fréquent
Quantité par référence strictement identique Déterminant : elle décide du procédé et répartit le calage Forte, si vous acceptez de faire chiffrer deux paliers encadrants Écrire la quantité totale du marché au lieu de la quantité par version
Format fini et format ouvert Déterminant : il fixe le nombre de poses sur la feuille de presse Nulle une fois le format arrêté, forte tant qu'il ne l'est pas Un format hors norme choisi pour se distinguer, qui perd une pose et fait acheter 20 pour cent de papier en plus
Pagination et mode de reliure Fort : elle commande l'imposition, le nombre de cahiers et le façonnage Moyenne : ajuster de quatre pages coûte souvent moins que prévu Une pagination qui n'est pas un multiple de quatre, ou une reliure imposée alors que la pagination en autorise deux
Papier : nature, grammage, finition Fort : premier poste de matière sur la plupart des supports Forte si un équivalent est autorisé, faible si une marque est imposée Nommer une marque de papier sans écrire "ou équivalent de grammage et de main comparables"
Nombre de couleurs par face et tons directs Fort en offset : chaque couleur est une plaque et une mise en couleur Moyenne : un verso passé en une couleur est une économie immédiate Écrire quadri recto verso par réflexe alors que le verso est un texte noir
Délai et date de mise à disposition Fort : il commande le plan de charge et peut imposer un procédé Forte tant que la date n'est pas contractuelle Un délai serré posé par précaution, qui achète une urgence dont personne n'avait besoin
Finitions et surface exacte concernée Moyen à fort : une pleine surface et une zone n'ont pas le même coût Forte : c'est la ligne qui se réécrit le plus facilement Demander un pelliculage ou un vernis sur toute la surface quand seul le logo devait ressortir
Façonnage spécifique et outillage Moyen, mais en coût fixe : découpe à la forme, dorure, gaufrage Faible sur l'outil, forte sur son amortissement et sa conservation Ignorer que l'outil est un coût fixe réutilisable, et le repayer à chaque réimpression
Conditionnement et colisage Moyen : c'est de la main d'oeuvre, pas de la machine Forte : le colisage se précise sans renchérir beaucoup Ne rien écrire, recevoir des palettes en vrac et payer le tri en interne
Nombre et nature des points de livraison Moyen : chaque adresse est un transport distinct Moyenne : regrouper deux adresses proches se négocie Annoncer une adresse au devis et en découvrir six à la commande
Épreuve et bon à tirer Faible à moyen : une épreuve contractuelle sur papier a un prix Moyenne : le nombre d'épreuves se discute, pas leur existence Accepter un simple PDF de contrôle sur un support où la couleur est un enjeu de charte
Tolérance de quantité livrée Faible sur le prix, fort sur la conformité de la livraison Moyenne : un plancher strict s'obtient s'il est demandé au chiffrage Découvrir la tolérance dans les conditions de vente au moment de la réception
Certifications du site et du papier Variable : nul si l'atelier les détient déjà, sensible sinon Faible : une certification se détient ou ne se détient pas Empiler FSC, PEFC, Imprim'Vert et papier recyclé sans savoir lesquelles sont réellement requises
Lieu de production imposé Variable selon le support et la quantité Faible une fois la clause écrite Imposer une production française sur un support où aucun atelier français n'est équipé

Votre cahier des charges est reconduit d'année en année sans avoir été relu. L'audit gratuit des coûts d'impression reprend chaque ligne de vos supports récurrents et indique celles qui vous coûtent sans rien vous apporter.

Les six lignes que les acheteurs figent sans le savoir

Ces six lignes sont écrites de bonne foi et coûtent cher, parce qu'elles ferment une alternative que l'imprimeur aurait proposée.

  • Un format hors norme. Un 200 x 200 mm choisi pour l'allure peut perdre une pose sur la feuille de presse par rapport à un format voisin. Le même tirage fait alors acheter sensiblement plus de papier, sans qu'aucun lecteur ne voie la différence. Écrivez le format souhaité, puis "format voisin accepté s'il améliore l'imposition".
  • Un grammage rond choisi par habitude. 300 g/m² ou 350 g/m² sont des chiffres qui rassurent, pas des seuils techniques. Entre deux gammes, un 280 g/m² d'une main supérieure donne souvent une carte plus épaisse au toucher qu'un 300 g/m² ordinaire. Les correspondances utiles sont détaillées sur notre page papiers, grammages et formats.
  • Une finition demandée sur toute la surface. Un vernis sélectif tire son effet du contraste avec le papier nu. Sur la totalité de la couverture, il coûte le maximum et ne se voit plus. Décrivez la zone.
  • Un délai serré posé par précaution. Une date de livraison avancée de dix jours sur la date réelle du besoin fait basculer le travail sur un créneau prioritaire, parfois sur un procédé plus cher. Donnez la vraie date, et une date limite absolue si elle existe.
  • Une quantité arrondie vers le haut. Commander 5 000 quand 3 200 suffisent semble prudent. Le stock excédentaire finit au pilon à la première mise à jour de contenu, et il a coûté du papier, du stockage et de la manutention. Faites chiffrer les deux paliers avant d'arrondir.
  • Un papier nommé par sa marque. C'est la ligne la plus coûteuse et la plus involontaire. Une gamme précise que l'atelier n'a pas en stock impose une commande dédiée, souvent avec une quantité minimale d'achat et un délai. La marque reste utile comme référence de rendu, à condition d'autoriser un équivalent.

Ces six lignes recoupent plusieurs des leviers que nous détaillons dans les leviers pour réduire le coût de ses supports imprimés, à ceci près qu'ici elles agissent en amont, au moment où le document est écrit.

Les lignes qu'il ne faut surtout pas assouplir

Assouplir n'est pas une méthode universelle. Sur quatre lignes, la souplesse se paie en qualité perçue, et l'économie obtenue est presque toujours inférieure au dommage.

  • L'opacité du papier sur un imprimé recto verso. Descendre en grammage pour économiser fait apparaître le verso par transparence. Le support paraît bon marché avant même d'être lu, et aucune finition ne rattrape cela.
  • Le rainage avant pliage au-delà de 170 g/m². Les documentations papetières, notamment Antalis, le donnent comme obligatoire : sans rainage, la fibre casse au pli et laisse une ligne blanche. C'est une opération facturée à part, et c'est celle qu'on supprime en premier par ignorance.
  • L'épreuve contractuelle quand la couleur est un enjeu de charte. Un ton direct, un bleu d'identité, un aplat de grande surface se valident sur papier, pas sur un écran. L'épreuve coûte peu au regard d'un tirage à refaire.
  • La tenue attendue du support. Un menu manipulé chaque jour, un dossier de presse qui voyage, une carte remise en rendez-vous supposent un grammage et une protection de surface. Là, la dépense est fonctionnelle et se justifie ligne à ligne.

À l'inverse, il existe un cas où le cahier des charges détaillé ne sert à rien : un support simple, quantité modeste, papier courant, sans finition. Un flyer A5 quadri recto verso en 5 000 exemplaires se commande en cinq lignes. Rédiger trois pages d'exigences pour ce type de travail fait perdre du temps aux deux parties et ne fait baisser aucun prix.

Comment rédiger chaque ligne pour qu'elle laisse une porte ouverte

La méthode tient en une règle : écrivez le résultat attendu et la contrainte réelle, puis autorisez explicitement l'alternative. Concrètement, chaque ligne structurante se rédige en trois temps.

  • Ce que vous voulez obtenir, en langage de résultat : une carte qui tient en main, un dépliant qui rentre dans une enveloppe DL, une couverture qui ne marque pas.
  • La contrainte non négociable, s'il y en a une : la date du salon, le poids postal maximum, la couleur de charte, le nombre de pages imposé par le contenu.
  • La variante autorisée, formulée noir sur blanc : format voisin accepté, papier équivalent accepté, grammage adjacent accepté, procédé libre.

Ajoutez une dernière ligne, souvent oubliée : demandez à l'imprimeur de chiffrer votre demande telle quelle, puis de proposer une variante moins chère en expliquant ce qu'elle change. C'est la question qui fait travailler sa connaissance de son propre parc machines, et c'est celle qui produit les écarts les plus utiles. Le détail des informations à transmettre pour que ce chiffrage soit exploitable figure dans notre article sur les informations à donner pour un devis d'impression.

À retenir

Classez votre cahier des charges par impact sur le prix, pas par ordre administratif : six lignes sur une quinzaine décident de l'essentiel, et ce sont celles qu'on fige le plus vite. Formulez chaque ligne structurante en résultat attendu, en autorisant explicitement une variante de format, de papier ou de grammage. La règle a une limite : quatre lignes ne s'assouplissent pas, l'opacité du papier, le rainage au-delà de 170 g/m², l'épreuve contractuelle sur une couleur de charte et la tenue attendue du support.

Faire relire votre cahier des charges avant la prochaine consultation

Nous reprenons vos douze derniers mois de commandes, relisons les lignes reconduites d'une année sur l'autre et vous remettons un rapport écrit sous dix à quinze jours ouvrés. Pour une consultation en cours, un chiffrage complet vous parvient sous 24 heures ouvrées.

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